Mon cher enfant,
Comme vous le savez, j’ai bien moins d’occupations que vous; c’est pour cela que je vous réponds sur-le-champ. Efforcez-vous, comme résultat de votre séjour en Occident(1), de connaître le prix du temps et de le bien employer. Chaque minute a son prix ou pour la prière, ou pour les bonnes oeuvres, ou pour l’étude. Etudiez, croyez-moi; vous en avez besoin, et le besoin se fera toujours sentir à mesure que vos occupations grandiront. Appliquez-vous à donner chaque jour un enseignement plus parfait. Ceci n’est pas toujours facile et ne s’obtient que par un travail opiniâtre. Exercez-vous à la présence de Dieu, surtout en allant dire la messe ou en revenant de l’hôpital. La vue de tous ces pauvres pendus doit vous bien faire songer à la mort. Qu’est la vie, quand elle n’a pas le ciel pour terme?
Nos élèves rentreront dans trois ou quatre jours; les vacances touchent à leur terme. Demandez à Dieu que nos élèves soient des saints; je vous promets la même prière pour les vôtres.
Adieu, cher ami, et bien vôtre ainsi qu’au P. Luigi.

