Cher ami,
Dépêchez-vous de poursuivre, vous avez le plus grand tort de ne l’avoir pas fait déjà(1).
Décidément, je pars le Jeudi-Saint, le secrétaire de Franchi se moque de moi. Je partirai sans avoir vu le Pape, si l’on ne me donne pas d’audience avant ce jour-là. Sacconi et Mercurelli veulent que je voie Franchi avant le Pape. Impossible de le trouver.
Dites en secret à Barnouin et à Clastron que l’évêque a demandé ou que ses amis ont demandé pour lui l’archevêché de Rennes. Falloux(2) a pris la peine de venir me le dire hier soir et Mlle Veuillot me l’écrit de Paris. Cet homme sera mal partout, il lui faut un canonicat de Saint-Denys. Pour le quart d’heure, il n’aura rien, mais il est certain qu’il dit: « Je voudrais bien m’en aller ».
Rien de nouveau, sauf des choses très curieuses que je ne puis écrire, mais que je vous dirai. Ecoutez bien: en arrivant j’irai voir l’évêque. Le jour de Pâques, faites-moi déjeuner avec Barnouin, Baragnon, P. Laurent et un sixième, à votre choix. Le soir, j’irai chez l’évêque.
Adieu. Totus tibi. N’oubliez pas les 100 francs dont j’ai besoin.
E.D’ALZON.
Ne parlez plus du vin, le Pape préfère du Bordeaux(3).

