Ma chère fille,
Vous m’écrirez dans un mois, plus tôt si c’est nécessaire, mais je pense que vous allez avoir un peu d’ouvrage à la fin de l’année. Ce sera pour les premiers jours des vacances. J’ai reçu un mot de Gerty partant pour Cauterets; je n’ai pu lui répondre qu’un mot.
Vous avez bien raison, nous perdons notre temps par distraction, quand avec un peu de recueillement nous pourrions si bien l’employer. Mais ce à quoi je tiens le plus, c’est que pendant les prochaines vacances vous vous retrempiez entièrement dans la vie intérieure, et que vous deveniez une vraie fille d’oraison pour augmenter votre amour envers Notre-Seigneur. Rien de bon comme le profond sentiment de notre absurdité, et, puisque vous commencez à l’avoir, je suppose que d’ici à peu vous pourrez faire quelques progrès. Occupez-vous beaucoup de Notre-Seigneur, écoutez-le et faites ce qu’il vous inspirera comme actes de vraie vertu religieuse.
Adieu, ma chère enfant. Je voudrais bien vous revoir bientôt et j’en conserve l’espérance avec joie.

