Ma bien chère fille,
Je suis à la campagne, la supérieure générale de l’Assomption voyage en Espagne, et je ne sais pas son adresse. Je sais qu’il y a trois ans on ne recevait pas de dames pensionnaires à Nice. Quel dommage qu’on ait renvoyé à l’an prochain un projet, où votre femme de chambre eût trouvé sa place! Mais il y a, je crois, des communautés qui prennent des pensionnaires comme cette bonne fille. Je m’en pourrais assurer peut-être demain à Montpellier, où je verrais la religieuse qui était supérieure à Nice, il y a quinze jours, et qui passe au même titre dans le couvent où elle se trouve en ce moment. Dans tous les cas, je compte célébrer la Toussaint à Paris, et, si vous n’en êtes pas partie, j’aurai la joie de vous voir, et vous pourrez vous-même causer avec la supérieure de l’Assomption, qui sera, je pense, de retour, et, s’il faut un peu d’aide, je vous le donnerai très volontiers.
J’attends tout à l’heure l’évêque de Montpellier et suis obligé de vous laisser, mais avec l’espoir de vous retrouver à Paris dans dix ou douze jours, avec le bonheur de causer un peu à l’aise avec mon ancienne et chère fille.

