DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 262

La raison d’être de la Revue: l’appel aux jeunes gens – Celui qui les unira sauvera la France – Un bon tour de Baragnon – Les écoles congréganistes.

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DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 262
Orig.ms. ACR, AF 387; D’A., T.D. 26, n. 770, pp. 329-330.

Nîmes, 8 janvier [18]80.
8 jan 1880
Nîmes

Cher ami,

Prenez votre jeune professeur. A vous de voir s’il ne sera pas trop près à Paris.

La Revue, croyez-le, peut être une oeuvre providentielle. Vous savez que quelquefois j’ai des impressions qui se réalisent. Plus j’y réfléchis, plus je suis convaincu que la Revue doit occuper une place importante. Elle deviendra bi-mensuelle, hebdomadaire, quotidienne (passant alors à d’autres mains) mais elle a une raison d’être: l’appel aux jeunes gens. C’est le noyau dont il faut s’occuper. Trouvez un autre noyau de jeunesse, et je vous abandonne celui-là, mais là est la question. Qui groupe les jeunes gens? Qui leur fait sentir un lien commun? Celui qui les unira sauvera la France.

Que je vous conte un bon tour de Baragnon. Le maire de Chateaurenard reluquait le seul terrain à vendre sur la commune, pour y faire une école laïque. Le curé en a vent; il va trouver Baragnon. C’est bien simple, dit celui-ci; le terrain vaut 8.000 francs; mettons-nous huit à 1.000 francs chacun, et mettons dans le contrat que le terrain ne pourra être vendu que par parcelles. Si le maire veut une école, il lui faudra aller la bâtir à la campagne. On prépare à Baragnon, à Marseille, après sa conférence, un banquet de 800 couverts.

Adieu, et tout vôtre.

E. D’ALZON

Une circulaire confidentielle aux préfets leur recommande de cesser les hécatombes d’écoles congréganistes. Ne dites pas d’où vous tenez le fait; il est certain.