Touveneraud, LETTRES, Tome 1, p.148

Mesures à prendre pour maintenir la discipline à Nîmes. – Elèves nouveaux attendus à Paris. Réforme en vue du baccalauréat.

Mon cher enfant,

Je vais répondre d’un coup à vos deux dernières lettres[1]. Somme toute, je vois qu’il y a du haut et du bas dans la maison; il faut en prendre un peu son parti. Cependant, vous pouvez, si vous apercevez que les choses baissent, annoncer qu’en arrivant à Nîmes on me présentera une liste de privés des vacances de Pâques, sur lesquels je me réserverai de prononcer. Je voudrais beaucoup que Daudé se relevât[2], car je tiendrais extrêmement à le mener à Valbonne. Quant aux surveillants, il faut qu’ils en prennent leur parti, l’on ne modifiera pas le système; c’est une chose bien décidée[3]. Ici, il réussit à merveille. Je ne vois pas pourquoi il ne réussirait pas à Nîmes. Du reste vous avez pris le bon moyen, c’est de parler un peu plus aux enfants; vous verrez que cela finira par réussir.

Nous avons perdu hier soir de fièvre typhoïde un de nos enfants. Il est mort chez ses parents. C’était un pauvre petit, que son père avait fait baptiser à sept ans seulement; il en avait neuf. Nous sommes tous les jours sollicités de demandes de prospectus. Nous en faisons imprimer un nouveau qui fera, je crois, grand plaisir aux parents. Je pense que la rentrée de Pâques se fera avec dix ou quinze élèves nouveaux, ce qui comblera avantageusement le vide de celui que nous perdons. Nos Frères feront leurs voeux jeudi prochain, vers 6 heures du matin[4]. Je vous engage à bien prier pour eux. Mais est-il nécessaire de vous le recommander?

Sanctifions-nous, mon cher, sanctifions-nous le plus possible. Adressons-nous à Notre-Seigneur, avec toute l’ardeur dont nous sommes capables. Oh! si nous étions des saints, que de difficultés s’aplaniraient!

Adieu. Tout à vous.

Vous pouvez dire aux élèves qu’un décret va paraître qui empêche de passer l’examen du baccalauréat avant dix-huit ans. Les programmes seront supprimés[5].