Mon cher enfant,
Je suis bien en retard avec vous, mais ne croyez pas que je vous oublie. Votre lettre est là depuis bien longtemps sur mon bureau; je ne veux pas résister davantage à mes remords et à mon coeur. Cependant, je ne vous écrirai pas grand-chose, parce que j’ai beaucoup à vous dire. Vous n’avez pas fait de retraite à Valbonne l’an dernier. Je veux que cette année vous en fassiez une quelque part. Pourquoi ne viendriez-vous pas avec nous? Venez passer à Nîmes les derniers jours de la semaine sainte; puis, venez à Valbonne. Croyez-moi, obtenez cette permission de vos parents; dites-leur que c’est moi qui la demande. Je m’arrête. Je serai dans huit jours à Nîmes.
Adieu. Je vous embrasse et à revoir.

