Merci, ma chère fille, de la manière si bonne avec laquelle vous me venez en aide(1). Puisque vous voulez que je vous réponde courrier par courrier, je vous dis, votre lettre reçue: 1° que je vous vous suis redevable de 6.000 francs; demain je vous enverrai un reçu dans les formes; 2° que je compte être à Paris sur la fin du mois, et que ce que vous voulez bien me prêter me décide à partir, sans quoi il m’eût fallu rester ici; 3° que je suis tout à fait d’avis que vous entriez dans le fond de vos affaires, sauf à faire quelques concessions à votre soeur; mais il faut que vous en finissiez. Cela ne peut que mal finir, si vous ne prenez un grand parti.
A votre place, j’enverrai un ordre à M. Bordarier de vendre votre créance, toutefois en le priant de donner un dernier avis à M. de Courtois. Le moment est favorable; les gens qui avaient porté leur argent à l’emprunt national, et à qui on le rend, ne savent plus qu’en faire.
Je vous écrirais plus long, si je ne voulais pas être à temps au courrier.

