Ma chère fille,
Je viens de dire la messe pour votre heureux voyage. Avant votre départ, je tiens à vous signaler un fait que j’ai constaté hier soir. M. Demion a fait couper à l’extrémité de votre bois, entre les deux demi-lunes, les arbres que vous prétendiez avant-hier devoir être respectés par lui. Voyez si vous devez donner quelques ordres.
Que les saints anges de l’Angleterre veillent sur vous et vous aident à élever un trône extérieur à Notre-Seigneur au centre de l’hérésie!(2) Je profiterai de ce que vous me dites de Soeur M.-G[onzague],(3) je ne me doutais pas d’avoir été si bon pour elle.
Dès que le P. Laurent sera mieux, je le mettrai en mouvement vers la supérieure de l’abbaye.(4) M. du Lac m’a demandé de venir passer quelques jours à la Thuilerie. Peut-être en profiterai je pour le prier de parler dans l’Univers des Augustins de l’Assomption. Vous ai-je dit que M. d’Esgrigny accepte enfin de s’occuper des protestants?(5)
Adieu, encore une fois, et bon voyage, ma chère fille.

