Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.224

Consignes à suivre à Rome -L’évêque de Moulins, condamné par le Conseil d’Etat.

Mon cher enfant,

Vos lettres ont éprouvé du retard; elles sont arrivées presque coup sur coup toutes les trois.

1° Dites à Mme Durazzo qu’on ne peut s’occuper de l’affaire de Léon à l’archevêché qu’après l’installation du cardinal; toutefois sa présence ne peut être que très utile(1).

2° Vous pouvez vendre l’appartement(2). Nous n’aurions pas pour vous entretenir l’an prochain. Il vous faudra revenir aux vacances.

3° Vous pouvez tirer sur la supérieure ou sur le P. Laurent, à un mois de date et en ayant soin de prévenir de l’époque, pour 700 francs.

4° Si vos pensionnaires ne veulent pas être entièrement chez vous pour la nourriture et pour tout, remerciez-les(3).

5° Tâchez que [le] Fr. Galabert soit prêtre avant de revenir.

6° Si l’on vous parle du décret sur les Ordres religieux que je ne connaissais pas, approuvez-le de tout point(4).

7° Quant aux Augustins, voyez-les, mais je crains bien qu’il n’y ait là un germe de mort et de mort contagieuse(5).

8° Pourrions-nous nous appeler les Augustins de l’Assomption, dès que nous serions approuvés?

9° Ce que vous me dites du fameux décret est très intéressant.

Je voudrais vous renvoyer des nouvelles. Je n’en ai point, sinon que quoique l’abus ait été prononcé contre l’évêque de Moulins(6), la séance du Conseil a été bonne. M. de Cornudet a fait un très beau discours contre les appels comme d’abus et contre les articles organiques; ce qui ne s’était jamais vu. M. Rouland est le plus fieffé roué que la terre ait porté. On a parlé un moment de supprimer l’Univers. On a été arrêté par la pensée qu’il faudrait aussi supprimer le Siècle, ce que ne veulent ni M. Billaut, son fondateur, ni M. Abatucci, son grand protecteur. Vous savez que l’un est ministre de l’Intérieur, l’autre de la Justice.

Nous prions tant que nous pouvons pour [le] Fr. Galabert. Comment va votre santé? La mienne me semble se fortifier. Adieu. Tout vôtre du fond du coeur.