Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.294

Il ne faut tenir qu’à une chose: aller à Dieu par Notre-Seigneur. -C’est ainsi qu’on peut aimer et servir l’Eglise.

Vous n’aurez aujourd’hui qu’un petit bonjour, ma chère fille. Je tiens pourtant à vous dire que tout est un moyen de devenir une sainte, et surtout cette souffrance silencieuse, qui, unie à celle de Jésus sur la croix, se contente de dire: « Que votre volonté soit faite »(1), parce que la force manque pour dire autre chose. Ne tenons qu’à une chose, aller à Dieu par Notre-Seigneur. Acceptons tout en paix, en humilité, en douceur, en amour pour Celui qui nous aime tant.

Vous aimez aussi l’Eglise. Souffrez et priez pour elle. Qu’importe votre imagination extérieure! N’est-ce pas le coeur que Dieu regarde? Et ces moyens qu’il vous donne d’apporter des mérites au trésor commun par la souffrance acceptée, n’est-ce [pas] tout ce qu’il y a de plus précieux pour nous? Vous travaillez pour l’Eglise et vous ne voyez pas le fruit de votre travail. L’amour-propre ne peut donc pas le gâter, et le prix vous en sera tout entier payé, parce que vous n’en aurez rien laissé perdre.

Adieu, mon enfant. Merci de vos nouvelles, mais ce sont les nouvelles de votre âme que j’aime surtout à recevoir.

Tout vôtre en Notre-Seigneur, avec la plus paternelle affection.

E. D’ALZON.

Mademoiselle Amalric.