Mon cher enfant,
Vous êtes admirable dans votre charité et je vais faire mon profit de vos conseils(2). J’ai écrit à M. B[arnouin](3), mais il faut que M. Durand l’accepte de la façon que je l’ai posé. S’il ne s’en tire pas, tant pis pour lui! Il ne pourra se plaindre de moi maintenant. C’est de tous les côtés que des plaintes me sont venues sur son compte.
Je ne vous parle pas de l’affaire de la souscription, la supérieure vous a écrit hier soir. Seulement, je le répète, je ne m’étais engagé à rien, et en même temps je suis convaincu qu’on peut trouver ce qui manque. Mais je ne veux pas aborder cette question puisque la sup[érieu]re vous a écrit.
Le professeur de sciences me fait faux bond, je vais en chercher un autre. J’ai trouvé un surveillant et peut-être deux. Faites chercher, de votre côté. J’ai, je crois, le professeur de deuxième et de quatrième.
Un peu de froissement de la part du petit abbé était inévitable(4). Pouvais-je tout approuver? Et si je n’approuvais pas tout, beaucoup d’humilités[sic] devaient être froissées. Mon cher enfant, vous êtes excellent et je ne vais pas à vos talons en fait de sainteté. Mais n’est-on pas obligé de juger son monde?
Adieu. Nous sommes en retraite, et, quoique je ne la fasse pas, j’ai assez à faire avec tous ceux que je suis obligé de voir. Je vous embrasse totis viribus.
E. D’ALZON.
A l’instant Allemand me donne sa démission(5).

