Mon cher enfant,
Veuillez dire à toutes nos Soeurs la part que je prends aux tristesses que leur cause l’état de Soeur M.-Lig[uori]. Je vais bien prier pour cette pauvre Soeur, qui attend peut-être le jour de l’Ascension pour monter au ciel avec Notre-Seigneur(2).
L’abbé B[arnouin] impatiente tout le monde. M. Devès a quitté l’Assomption, et ne veut plus, quand il vient, ni loger ni manger. Mais Mlle Fabre donnera ce que l’on voudra, et sur la seule signature du P. Hippolyte. C’est de l’argent qu elle veut me donner, mais gardez cela pour Hippolyte et la supérieure. Maintenant, j’avais parlé à Mlle Fabre de la signature de l’abbé B[arnouin] sur ce que Mme la supérieure m’en avait dit(3).
Je crains que, pour la proposition de M. Hannesse, on ne veuille nous mettre sur le dos un collège agonisant. Il faudrait tâcher d’en savoir quelque chose. Le Père Hippolyte ne ferait-il pas [bien] d’aller à Reims avec une lettre de la supérieure, pour se faire connaître? Je donne seulement une idée et une autorisation, rien de plus. C’est à vous autres à voir ce qu’il y a de mieux; mais il ne faudrait pas trop se presser. Peut-être la supérieure pourrait-elle savoir par Sedan ce que c’est que ce collège. Il n’est pas désigné; mais on saura bien à Sedan quelle est la patrie de M. Hannesse(4).
Quoique j’écrive séparément à Hippolyte et à vous, je n’ai pas de secrets l’un pour l’autre. Adieu, et sanctifiez-vous un peu en face de tous ces morts et mourantes. Adieu.
E D.ALZON
Le Père Picard.

