Ma bien chère fille,
Puisque vous laissez au P. Picard de décider, je crois qu’après ce que le P. Hippolyte et moi lui avons écrit, la décision est prise(2). Quel que soit mon regret de vous le prendre, je ne puis m’empêcher d’y voir une très grande nécessité. Quant à mon voyage en Angleterre, je vous avoue que j’y consacrerais bien quelques jours du mois de juillet, si j’avais l’argent nécessaire pour faire le voyage et me vêtir en ecclésiastique anglais. Mais il me semble que, puisque vous allez commencer par donner l’hospitalité au P. Hermann, il serait possible de traîner en longueur. Le plus important est d’avoir des novices anglais. Procurez-nous en donc, puisque vous me disiez, il y a quelques mois, qu’il serait facile d’en avoir trois ou quatre; je les recevrais à bras ouverts.
Adieu, ma fille. La ville est en fièvre par les polémiques que l’évêque soulève contre la préfecture et où il a le dessus, par la plume de M. de Cabrières; moi, je me tiens en dehors(3). Adieu, ma fille. Je suis un peu pressé. Je vous laisse et j’attends avec impatience votre lettre.

