Ma chère fille,
C’est à Montauban que votre lettre me parvient, j’ y prêche la retraite ecclésiastique. Il me semble que votre vie tout entière doit être cachée en Dieu. Abîmez-vous dans l’être de Dieu; pensez à cette présence divine qui vous investit de toute part, à cette lumière qui est le Verbe et qui exige de votre âme une si grande pureté pour en bien refléter tous les rayons, à cet amour infini, donc sans borne, où nous devons retremper notre puissance d’aimer, et demandez-vous ce que doit devenir votre néant.
Veuillez rappeler à votre Mère générale que je lui ai parlé d’un M. Autran, dont je connais beaucoup la femme.
Adieu, ma fille. Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

