Bien cher ami,
J’ai là votre lettre au P. Hip[polyte], comme si elle m’était adressée, et j’y réponds comme si le P. Hip[polyte] n’avait pas le temps.
1° Faites une bonne oeuvre; écrivez à M. de Bernis, caporal au 85e, 3e bat., 3e comp. (C’est le petit-neveu du cardinal(1) du même nom). Vous lui direz que vous avez une lettre à lui remettre; je la joins à celle-ci. Vous serez bon pour lui. Il est découragé, vous le remonterez. Lisez ma lettre et cachetez-la.
2° J’estime que louer vaut mieux qu’acheter dans l’état de nos finances. Si nous ne devons pas être unis aux Polonais, je ne vois pas pourquoi nos maisons le seraient(2).
3° Les Syriens vont bien. Je leur ai donné à déjeuner ces jours-ci et je leur ai dit que, quoique je fusse bien aise de les voir prêtres, je les aiderais dans leurs diverses carrières. Frère Joseph(3) a été scandalisé. Je préfère, moi, qu’ils ne se donnent à Dieu qu’autant qu’ils le voudront.
4° J’ai fait inscrire votre frère ou du moins il y a quelques jours que j’ai donné des ordres ad hoc.
5° Le P. Gal[abert] est à Aix. Il vous arrivera le 3 déc[embre]; il passera le 2 sur les flots. Dieu veuille qu’il n’y trouve pas une révolution.
6° Ici l’on prend feu pour le Courrier du Gard et pour l’Opinion du Midi; mais évidemment c’est l’Opinion qui l’emporte.
7° Rendez-moi le service de faire quelques pèlerinages à mon intention; j’ai visiblement besoin de connaître la volonté de Dieu.
Adieu, cher ami. Si le P. Hip[polyte] veut vous écrire, il le pourra sur les deux pages que je lui laisse blanches(4).

