Madame,
J’accepte avec un mélange de joie et de crainte votre proposition. Seulement réussirons-nous? C’est la grosse question. Pierre veut-il venir sans trop de peine, prendra-t-il nos habitudes? Chaque collège a les siennes et nous sommes très carrés. Quatre mois, il est vrai, ne sont pas bien longs, mais un peu ennuyeux pour quelqu’un qui a goûté la liberté. Je vous livre ces réflexions, touché que je suis de la confiance que M. de Chaponay et vous, voulez bien me témoigner. Veuillez dire à Pierre que si je ne me sen- tais pas pris d’un coup de cœur pour lui, je dirais non. S’il vient, j’espère qu’il fera honneur à ma récente mais bien vive affection pour ce que j’ai vu de son caractère et de son cœur.
Veuillez agréer. Madame, mes plus respectueux hommages.

