Je vous écris le cœur bien triste: mon vieil ami Du Lac est mort, pendant que j’étais à Arras. On va l’enterrer dans un moment. Comme depuis vingt ans il logeait au Bon Lafontaine et qu’on n’aime pas les tentures dans les hôtels, son corps fut porté sans bruit à Saint-Thomas d’Aquin. Je pus l’accompagner avec Veuillot; aujourd’hui, on fait la cérémonie, M. d’Esgrigny voudrait faire porter son corps en Picardie dans son tombeau de famille. Hélas! partir de là ou de là pour le jugement dernier, qu’importe à cette poussière qui a été notre corps? Tout un monde commence à tomber pour moi. Nous étions quatre: Gouraud, d’Esgrigny, Du Lac et moi. Du Lac disparaît. En mourant, il a blessé le pauvre Gouraud, parce que ayant été guéri par un homéopathe, il y a quelque temps, Gouraud n’est venu à son lit de mort que comme ami. Les Veuillot ont été admirables, mais enfin la dégringolade commence.
Quand frappe le deuil : la mort d’un ami.

