Ma bien chère fille,
Notre correspondance languit. Il est vrai que vous êtes surchargée, que je ne le suis pas mal et que le Fr. V[incent] de Paul m’écrit de si bonnes lettres d’affaires que je n’ai qu’à lui répondre oui ou non. Cependant hier soir, en lui répondant, j’ai oublié une de ses questions. On veut l’autorisation d’arranger les choses comme on l’entendra par les échanges, ventes ou achats de quelques lopins, j’y consens très volontiers. C’est ce que je voulais dire et que je n’ai pas dit. Seulement: 1° je tiens peu à la conservation du droit de passage; 2° je tiens beaucoup à avoir le lopin Leroux, s’il est possible, la bande Jackson qui est près de Waltin, et je consens à ce qu’on y mette de 20.000 à 30.000 francs. Il me semble que ces données sont bien suffisantes et ne gênent pas l’activité du petit Frère.
Aller à Paris en ce moment me semble impossible. C’est beaucoup que j’aille à Agen, et si je puis m’en défaire, je m’en débarrasserai bien volontiers. Il faut absolument opposer une force quelconque au système qui se prépare pour la persécution de l’Eglise. Il n’y en a pas de plus puissante que l’organisation des hommes. On ne peut pas, ou, si vous voulez, je ne puis pas le faire à Paris, je puis le faire à Nîmes(1).
La maison ici va bien. Si le P. Hippolyte ne se tuait pas, ce serait parfait(2). Voici un mot pour Soeur M.-Bernard, qui m’écrit qu’elle va aller à Paris(3). Si elle n’y est pas, vous voudrez bien lui envoyer mon billet à Londres. Adieu et tout vôtre.

