Monseigneur,
Le P. Cusse m’apprend qu’il vient de se séparer de vous(1), et je viens vous témoigner toute la peine que j’en ai. Il demande à se séparer de la Congrégation si je ne l’approuve pas, et je le relève de ses voeux(2). Vous verrez dans cette mesure de ma part la preuve que je blâme entièrement sa conduite. Je ne veux point examiner ici si les plaintes qu’il m’a transmises depuis longtemps avaient quelque chose de fondé. Alors même qu’elles auraient eu des motifs, il y avait une chose très sérieuse, c’était l’obéissance qu’il vous devait et qu’il était obligé d’observer.
Maintenant, Monseigneur, pour éviter d’autres ennuis, me permettrez-vous une proposition? Puisque vous obtenez de grandes concessions de terrain, pourquoi n’en feriez-vous pas accorder une à nos Pères? Peut-être pourrions-nous y consacrer une somme, et alors nous ne vous coûterions rien; vous nous accorderiez l’institution canonique, et les choses prendraient leur état normal. Ceci n’est qu’une simple idée que je vous prie de méditer, comme aussi je me réserve d’en causer avec mes religieux; mais pour éviter certains inconvénients, peut-être vaut-il mieux accepter une position nette et tranchée(3).
Veuillez me dire aussi si je dois vous envoyer le P. Brun au mois d’octobre.
Veuillez…

