DERAEDT, Lettres, vol.4 , p. 128

Le Fr. Emmanuel exagère les contradictions entre les paroles des Pères polonais et les miennes. – Vos papiers sont expédiés. – L’affaire Galeran marchera sans Sacconi. – L’abbé Chaillot n’a pas paru sur notre horizon. – L’autorisation de prendre le rite bulgare demandée par le P. Galabert. – Pourquoi le P. Jérôme a-t-il proposé Andrinople…

DR04_128
1853
DERAEDT, Lettres, vol.4 , p. 128
Orig.ms. ACR, AG 53; D’A., T.D. 27, n. 53, p. 42.

Nîmes, 5 [novembre 18]62(1).
5 nov 1862
Nîmes

Bien cher ami,

J’écris à votre frère une lettre qui, j’espère, le calmera. Il me semble que je prends bien sur moi la responsabilité de cette petite oeuvre. Quant à ce qu’il y a de contradictoire en apparence entre les paroles des Pères Polonais et les miennes, il est dans une véritable illusion, ou bien c’est très facile à arranger. Je pense qu’il vous lira ma lettre, et vous la comprendrez assez pour la lui commenter, s’il ne la trouve pas claire.

J’ai expédié depuis plusieurs jours vos papiers et toutes les demandes dont vous me formulez le désir. Sacconi fait le diplomate, mais peu importe; l’affaire Galeran marchera sans lui(2). L’abbé Chaillot n’a pas paru sur notre horizon. Si on vous en demande des nouvelles, dites qu’il doit être en France.

Le P. Galabert avait demandé l’autorisation de prendre le rite bulgare; on vous avait prié de la demander. Voyez s’il y a moyen de la lui obtenir. Tâchez de savoir pourquoi le P. Jérôme a proposé Andrinople plutôt que Philippopoli pour un séminaire(3).

Adieu, cher ami, et tout à vous. Mille choses affectueuses au Fr. Aug[ustin]. L’impression Polonaise n’est pas, il paraît, pour la réunion(4); je m’en console. Est-ce que le colonel Jordan(5) n’est pas mort depuis le départ du P. Jérôme? Encore une fois, adieu.

1. La lettre est datée par erreur du *5 octobre*. Elle est une réponse aux lettres de Vincent de Paul du 28 octobre et du 1er novembre. 2. Il s’agit de l’affaire Galeran. Quelques jours plus tard, le card. Sacconi dit à Vincent de Paul qu’il regrettait la publicité donnée en France à ce qui avait été fait à Rome. Galeran prétendait n’y être pour rien (lettre de Vincent de Paul du 11 novembre). 3. Dans le rapport du P. Jérôme au pape, le P. d’Alzon a pu lire que le plus urgent était l’ouverture d’un séminaire à Andrinople, « l’endroit pour lequel, à la suite des informations reçues, Votre Sainteté a marqué sa préférence » (2 CK 13). C’est là pour le P. d’Alzon un sujet d’étonnement. Il croyait, lui, sur la foi d’autres renseignements, pouvoir miser sur Philippopoli (v. *Lettres* 1846 et 1847). Aussi désire-t-il en savoir davantage. 4. « Nous sommes cousins germains… », dira quelques jours plus tard le P. Jérôme à Vincent de Paul (lettre de Vincent de Paul du 11 novembre). 5. Colonel polonais, membre du *Comité de l’Union Bulgare* de Constantinople (Comité latin). Il était toujours en vie.