Ma bien chère enfant,
J’ai été si fatigué de mon carême que ma correspondance en a souffert. Plus je pense à vous, plus je me persuade que votre vie doit être pour très longtemps une vie cachée dans l’oraison. Le silence, la prière, voilà votre partage. Vous devez beaucoup vous taire devant Notre-Seigneur et beaucoup l’aimer très paisiblement. Je ne m’inquiète pas de vos nuits: laissez le diable aboyer; il ne peut rien sans la permission de Dieu. Ce que je vous demande, c’est une offrande très pacifique de tout vous-même dans la flamme de l’amour de Notre-Seigneur.
Adieu, ma fille. Soyez très petite. C’est votre néant surtout qui plaira à Notre-Seigneur.

