DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 133

Prenez votre temps pour réfléchir. – Un quatrième voeu pour les Oblates. – Je suspends ma lettre à votre mère. – On n’a pas à vous pardonner.

Ma chère enfant,

Je reçois votre lettre du 24 à l’instant même(1). Prenez votre temps pour réfléchir. Si Augustine entre, au printemps, au Carmel, il faudra bien toujours un certain intervalle avant que vous puissiez quitter vos parents; puis, tant que les Oblates de Nîmes seront logées dans notre maison, il sera de toute impossibilité que vous songiez à vous unir à elles. On avait craint que leur présence dans un établissement payant ne nuisît à la disposition de certaines familles; mais le quatrième voeu de se consacrer aux Missions étrangères lèvera toutes les difficultés, en ce sens qu’on verra qu’elles ne sont que comme dans un noviciat, dans les maisons d’éducation, sauf celles qui devront y rester pour former les autres. Ce voeu arrêtera bien du monde, mais spécifiera l’oeuvre d’une façon très caractérisée.

Ma lettre à Madame votre mère était faite, cachetée, timbrée, quand la vôtre m’arrive(2). Je la suspends, quoique je sois très convaincu qu’elle n’eût pu se fâcher contre moi. Adieu, ma fille. Mille fois vôtre. A la Sainte Rose.