Mon cher ami,
Le P. V[incent] de P[aul] est à Rome. La Mère M.-Emmanuel est arrivée au Vigan, n’est-ce pas? Quant à M. Rougeot, faites-le partir au plus tôt. Attendez le P. V[incent] de P[aul] pour vous débarrasser du petit Parisien, et quant au petit homme de Montpellier, souvenez-vous qu’on l’a pris à l’essai. Enfin, je dois vous dire que le P. Picard, qui est venu passer ici q[uel]q[ues] heures, prétend que la Mère M.-Emmanuel vous fera faire ses quatre volontés, parce qu’elle aura l’air de vouloir faire les vôtres. Elle est surtout habile à faire venir l’eau au moulin, mais elle a le défaut de se poser en grande dame.
Je croyais qu’Arnal(1) n’avait maille à partir qu’avec moi. Ainsi il sera privé de sortie aujourd’hui par mon fait, à cause de sa paresse.
La Mère M.-Em[manuel] a emporté 140 francs pour les Oblates, mais nous trouverons encore quelque chose. Le P. Picard vous enverra d’Auteuil ce qui était destiné à l’abbé Barnouin pour son orphelinat. Il y a là-dessous une bonne histoire que je vous conterai en son temps. L’abbé Véron fait toutes sortes de vexations à Auteuil, il a menacé de retirer demain le Saint-Sacrement et la permission de dire la messe. Faites prier.
Adieu, cher. Tout vôtre.
E.D’ALZON.
Impossible d’aller vous voir, tant que le P. V[incent] de P[aul] est à Rome. L’économe général m’a-t-il présenté les comptes des deux dernières années? A-t-il fait quelques démarches pour cela? Le P. V[incent] de P[aul] est à Rome, beaucoup pour la supérieure qui lui paye le voyage, un peu pour moi ou plutôt pour la Congrégation, mais ce serait trop long à expliquer par lettre.
Mille fois vôtre.

