DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 392

Crève-coeur. – Soyez tous les jours un peu plus catholique. – Je n’ai plus d’espoir que dans les femmes: *quod infirmum, quod stultum*…

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DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 392
Orig.ms. ACR, AL 330; D’A., T.D. 36, n. 17, pp. 67-68.

Nîmes, 19 oct[obre 18]67.
19 oct 1867
Nîmes

Ma bien chère fille,

Permettez que je profite tout d’abord de la bonne occasion que vous me fournissez pour vous prier de dire à la Mère M.-Gonzague qu’elle a encore oublié mes Crève-coeur(1), mais que cette fois je n’en ai plus besoin. Je renonce à Satan, à ses pompes, à ses oeuvres et aux crève-coeur. Quant à vous, soyez tous les jours un peu plus catholique, soyez-le pour ceux qui ne le sont pas assez. Priez, faites pénitence pour l’Eglise et le Pape. Nous traversons une crise terrible et Dieu veut qu’on lui fasse violence. Je suis humilié pour la portion du genre humain à laquelle j’appartiens. C’est pour cela que je n’ai plus d’espoir que dans les femmes: quod infirmum, quod stultum, comme dit saint Paul. C’est par là que Dieu veut confondre les hommes, et les hommes auront bien mérité cette honte. Et c’est pour cela que je vois cette petite faible personne, quod infirmum, cette petite sotte, quod stultum, de Soeur Marie de la Croix enfoncer par ses prières les bandes garibaldiennes et mériter par ses austérités des victoires que nos lâches catholiques n’ont pas même le courage d’essayer.

Adieu, ma fille. Soyez sage et bonne. Ne vous montez pas la tête, marchez droit et sans prétention, soyez humble et croyez à tout mon dévouement en N.-S.

Soeur M.-Gab[rielle] va bien ou presque bien.
1. Une race de poules.