DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 40

J’ai été assez souffrant. – Théologien de l’évêque de Nîmes. – Les animadversions. – L’Italie. – Soeur M.-Wilfrid. – Thérèse de Rocher. – Soignez-vous donc.

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DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 40
Orig.ms. ACR, AD 249; D’A., T.D. 24, n. 971bis, p. 9.

Lavagnac, le 22 février 1868.
22 feb 1868
Lavagnac

Ma bien chère fille,

Je viens de passer quelques jours assez souffrants et je suis obligé de repartir pour Nîmes, où je serai lundi. Aussi vous demandé-je de me permettre quelques lignes seulement. Je suis, en effet, le théologien de l’évêque de Nîmes. Si je vais à Rome, il sera moins utile que le P. Picard s’y rende. Je vais vous faire une note sur les observations à tirer des animadversions, mais le meilleur est de laisser couler l’eau en paix. Quant à V[irginie], ses violences auront un terme dans quelque catastrophe. Cela me semble impossible autrement.

Avez-vous remarqué que la division Dumont(1) prend le titre d’armée d’occupation? Il y a là, évidemment, un mouvement. Ce qu’il sera à la fin, Dieu le sait, mais il me paraît que le mouvement révolutionnaire est un peu enrayé. Peut-être suis-je dans l’erreur. L’Italie se disloque de la façon la plus prononcée. Où tout cela aboutira-t-il? Je crois que, du moins, il y a un état de choses qui laissera place sans doute à des fureurs personnelles, mais qui n’iront pas jusqu’à trouver un appui nécessaire pour présenter du danger.

Soeur M.-Wilfrid m’a écrit que vous ne pouviez la voir et que c’était à cause de cela qu’elle a été reléguée à l’Immaculée-Conception(2). Que dois-je lui répondre? Quant à Thérèse de Rocher, mon avis est que dès que sa mère aura quitté Nîmes, elle doit être envoyée ailleurs, si ce qu’elle dit des propos de son père est vrai.

Adieu, ma chère fille. Répondez-moi à Nîmes, où je serai après-demain. Soignez-vous donc, vous qui recommandez tant de soins aux autres. Tout vôtre en Notre-Seigneur.

1. Le général Ch.-Léon Dumont commandait la division française toujours stationnée dans les Etats romains, où les troupes françaises étaient revenues en octobre 1867 pour s’opposer à l’invasion des garibaldiens. 2. Partie du couvent d’Auteuil, à l’écart du noviciat.