DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 92

Les lettres du P. Vincent de Paul. – Sa renommée. – Succès du P. Emmanuel au collège.

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DERAEDT, Lettres, vol.7 , p. 92
Orig.ms. ACR, AN 159; D’A., T.D. 39, n. 13, p. 80.

Nîmes, 21 juin [18]68.
21 jun 1868
Nîmes

Madame,

Rassurez-vous. Le P. V[incent] de Paul est tout bourreau et un mauvais fils qui tourmente sa mère. Il ne vous écrit pas, et à moi il écrit des volumes. La semaine dernière, en trois jours, il m’a écrit quatre lettres: il se félicitait d’avoir un appartement, où il est à l’abri des femmes et des puces. A Rome, il n’y a pas les moucherons destinés au purgatoire des Nîmois. Il m’écrit des lettres ravissantes et il a conquis une réputation diocésaine, départementale dans le Gard. Je voulais le rappeler. Le chef de bataillon d’Albiousse, avec qui il s’est intimement lié, me conjurait, il y a trois ou quatre jours, de le laisser encore à cause de tout le bien qu’il fait. Vous savez qu’il est pour quelques mois aumônier du régiment des zouaves. A son retour, je lui ménage une position qui lui permettra de passer chaque année un long temps à Paris.

Le P. Emmanuel-Joseph a ici un succès tel que, malgré sa jeunesse, je ne vois pas pourquoi je ne lui ferais pas continuer ce qu’il a si bien fait pendant un an. Le P. V[incent] de Paul pourrait faire autre chose plus en rapport avec son aptitude si merveilleuse à convertir les jeunes gens.

Veuillez, Madame, vous rassurer sur le P. V[incent] de Paul; il ne mérite que d’être grondé pour les terreurs qu’il vous donne. Veuillez aussi agréer l’hommage de mes plus respectueux sentiments.

Le P. Emmanuel-Joseph, à qui j’ai montré votre lettre, va la lui envoyer pour exciter ses remords.