Mon bien cher ami,
Je vous remercie bien de votre lettre si bonne et si pleine de coeur (2). Je voudrais bien vous voir quelque temps. Supposé que le P. Emmanuel-Joseph, qui doit prêcher le mois de Marie ici à la cathédrale, en fût empêché, vous en chargeriez-vous?
D’après ce que me dit le P. V[incent] de P[aul], je vois qu’il faudra encore un voyage à Rome. Je ne serais pas éloigné de m’en charger au printemps. Vous verrez que nous ferons q[uel]q[ue] chose. Le P. V[incent] de P[aul] vous a-t-il dit que les Messieurs du séminaire français nous avaient proposé de nous fondre ensemble? Ecoutez et réfléchissez. Si ces Messieurs veulent nous venir, j’y serais assez disposé. Le P. V[incent] de Paul prétend que le séminaire français a une bien autre valeur que tous les couvents des Augustins du monde. Je suis de son avis. Dans ce cas j’irai au printemps, et puis j’enverrai dans dix-huit mois le P. V[incent] de Paul procureur général de la Congrégation. Il préfère de beaucoup Rome à Paris, il m’en a fait l’aveu. Il serait, je crois, précieux à Rome.
Adieu, très cher ami. Prions les uns pour les autres, prions pour l’Eglise et devenons des saints.

