DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 497

Le mépris de l’armée pour l’empereur – Les ambulances – Prophéties – Votre père.

Cher ami,

Je n’ai pas fait copier les lettres que j’ai reçues, parce qu’évidemment vous recevez les détails les plus intéressants. La seule chose que P. Alexis et P. Emmanuel ajoutent avec plus d’accentuation est le profond mépris où l’empereur est tombé aux yeux de l’armée; mais ce n’est pas à trop communiquer. Je crois, moi, à une République. Voulez-vous Dassas(1) pour les ambulances? Il est tout prêt à partir. Ecrivez-nous beaucoup, bien que nous n’ayons rien à vous dire. Tout ce qui vient de Paris intéresse.

Je me trompe. Le prophète, le jour de l’Assomption, annonça avant de se confesser: 1° la bataille du 14; 2° celles de la matinée du 15; 3° que ces batailles serviraient [à] arrêter les Prussiens, mais pas plus; 4° la chute de Napoléon; 5° celle du Pape; 6° la République; 7° un triumvirat formé par Bazaine, Mac-Mahon, Trochu, le plus capable serait Trochu(2); les généraux prendraient l’empereur et le feraient filer; alors une grande victoire pour la France et le triomphe de la bonne cause. Il entre avec son confesseur dans des détails incroyables. Il croit à l’expulsion de Pie IX et à sa mort en exil, à la perte du pouvoir temporel, à un immense développement du pouvoir moral de la Papauté.

Adieu, cher ami. Tout à vous.