Mon bien cher ami,
Guérissez-vous vite de votre entorse, mais pas trop vite, car ces maux-là se prolongent quand on veut trop en hâter la guérison(1). Je ne sais si je pourrai répondre à tout dans votre lettre, vous êtes un peu plus illisible qu’à l’ordinaire. On a fait des démarches pour vous aux Ecoles d’Orient, en avez-vous fait à la Propagation de la foi? Vous aurez pour sûr de l’argent. Le P. Picard est de mon avis, il faut vendre Montmau arrivé à son apogée. Je cherche à vendre le patronage. On nous expropriera bientôt au Vigan; ce n’est plus qu’une question de temps. Par conséquent, je pense que nous avons l’espoir fondé de vous envoyer sous peu quelques lires. Mais quand? Nous allons avoir un noviciat magnifique, mais vous envoyer des sujets avant un an ce n’est guère possible. Alors les Bulgares pourront vous arriver en masse et le P. Pierre, en ce moment supérieur à Notre-Dame des Châteaux près de Beaufort, sera pour vous un excellent supérieur de séminaire. Quant aux Oblates, avant un an, il sera bien difficile d’en envoyer; puis encore une fois, il faut de l’argent pour cela et nous sommes complètement à sec(2). Mon avis est que vous pourrez vous établir à Constantinople, quand le chemin de fer rendra plus faciles les communications, pas avant. Mon opinion sur la séparation des deux communautés est toute faite(3). En ce moment, je cherche à pouvoir loger la maison-mère des Oblates un peu loin de l’Assomption; cela viendra plus tard et ce serait venu, il y a un mois, si nous avions eu ce qui fait chanter les aveugles.
Adieu, cher ami. Je prêche deux retraites et suis un peu pressé.

