DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 257

Je t’attendais, mon cher Michel – Patience, courage et humilité.

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DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 257
Orig.ms. ACR, AK 392; D’A., T.D.33, n.7, p.291.

Nîmes, le 18 décembre 1871.
18 dec 1871
Nîmes
Evêché|de Nîmes

Cher ami,

J’avais bien pensé que, tôt ou tard, une mauvaise tête surmontant un excellent coeur finirait par me venir. Je t’attendais, mon cher Michel(1). Te voilà, j’en bénis Dieu. Ce ne sera pas pour moi une chose nouvelle de t’aimer comme mon fils, crois-le bien: fils un peu prodigue, il est vrai, mais tant mieux! Nous tuerons, s’il le faut, le veau gras. Seulement ton père me fait dire qu’il désire que tu attendes au mois d’août. A cela je n’ai rien à répondre: patientia autem opus perfectum habet.

Patience, courage et humilité, voilà les trois vertus que je t’ordonne de pratiquer. Ecris-moi comment tu t’en tires. Patience envers ton père et tes ennuis, courage contre tes connaissances et tes élèves, humilité contre ton amour-propre. Est-ce clair? Je t’embrasse en vrai père.

1. Michel Ménard deviendra assomptioniste mais en 1884 seulement et mourra à Osma deux mois après avoir pris l’habit.