Je suis bien certain que depuis l’arrivée de votre Mère g[énéra]le, de Mère Thérèse-Emmanuel et de tout le noviciat, il s’est fait, ma chère fille, comme une révolution en vous. Vous pouvez entrer plus pleinement dans la vie religieuse, vous pouvez vous pénétrer plus nettement de la perfection, à laquelle vous êtes appelée. Tout cela vous est très bon, et je n’ai plus de souci pour les tristesses qui étaient venues vous assaillir.
Puis, il faut bien souffrir un peu et se donner à Notre-Seigneur, comme il s’est donné à nous, c’est-à-dire dans la souffrance. Que votre excellent coeur ait été torturé, cela se comprend; mais enfin, il faut vouloir ce qui fait le fond de la vie parfaite, le sacrifice. Je prie bien pour vous, je pense bien à vous et je me figure que Dieu vous veut à la plus parfaite immolation, parce qu’il appelle votre âme à une union très intime avec lui.
Tout vôtre, ma fille, du plus profond du coeur.

