Vous êtes bien bonne, ma chère enfant, de m’écrire une lettre, comme celle que j’ai reçue hier. Il était trop tard pour y répondre de suite. Je crois que je vais mieux, et la preuve c’est que tout à l’heure j’ai pu faire une promenade de deux heures, dont j’aurais été incapable, il y a quinze jours.
Préparez-vous à donner à Dieu tout ce qu’il a droit de vous demander comme possession de vous-même… Domptez votre imagination, mettez les choses à leur place, ne les prenez que pour ce qu’elles valent; par là, vous acquerrez des mérites très grands. Devenez une fille d’oraison, ne vous laissez pas entraîner par des impressions qui vous tourmentent sans résultat, maintenez-vous sous la main de Dieu, vivez de lui. Votre solitude à ce point de vue peut vous faire du bien.
Adieu, ma bien chère enfant. Bonne année et croyez-moi tout vôtre du fond du coeur…

