Cher ami,
Il importe d’écarter Terris, parce qu’il s’est rendu trop ridicule par son envie de l’épiscopat, mais surtout parce qu’après avoir été impérialiste, il est passé au blanc éblouissant. Ce n’est pas solide. Ce serait l’homme de la Gazette de Nîmes. Si cela vous va, libre à vous. C’est lui que Boyer porte avec acharnement. S’il vous convient, poussez-le. Mon dernier mot est qu’il faut Gervais et que si l’on n’a pas Gervais, il faut Besson. J’ai reçu, hier soir, une lettre de lui excellente; il me donne toutes les explications que je puis désirer(1). Par conséquent: Gervais d’abord, ensuite Besson. Le nonce fera opposition, mais dites-lui que je répondrai de lui. En ce moment, j’en suis mille fois plus satisfait que je ne l’étais de Mgr Plantier, quand il arriva dans le diocèse. Si vous voyez le nonce, dites-lui que s’il ne peut avoir Gervais je lui enverrai une lettre de Besson, qu’il vient de m’écrire d’Amiens, se rendant à Douai.
Adieu et bien tout vôtre.
D’ALZON.
Les chanoines s’en donnent par circulaire imprimée. Corrieux attaque tous les curés de Nîmes à propos de la cohabitation, et tous disent que si l’administration de Mgr Plantier eût continué, pareil scandale n’eût pas eu lieu. Cela [ne] me regarde pas. Je crois que tous ont tort, mais je les laisse faire(2).
Boyer exclut Besson. Si, malgré Boyer, Besson passe, vous pouvez dire que je le soutiendrai.

