Que je vous dise vite, ma chère cousine, que Paulin m’ayant recommandé de gronder Joseph je l’ai fait bien doucement parce que le pauvre enfant a pris un air si penaud, si contrit, si gonflé de larmes, que je suis vite passé au ferme propos.
Maintenant, je vous conjure de bien soigner Marie(1) pour le mois de septembre, époque où on compte la voir sans qu’elle s’en doute(2).
Pour vous, vous n’auriez besoin que d’une chose, c’est que je vous renvoie votre lettre en me contentant de vous dire: faites tout ce qu’il y a là-dedans. En effet, vous y exprimez des sentiments évidemment inspirés par Notre-Seigneur. Qu’avez-vous de mieux à faire que de les suivre et de vous y conformer?
Cette amitié intime avec notre divin Maître est, par exemple, chose ineffable vers laquelle vous ne sauriez aller avec trop d’ardeur(3).
Vous êtes une femme admirable de pénitence. Hélas! que nous en avons besoin pour apaiser la colère de Dieu.
Je crois que votre belle-soeur viendra, ou bien on m’aura manqué de parole à un moment où je ne demandais plus rien(4).
Quant à un évêque, je l’attends toujours, je présume que ce sera M. Besson, mais je n’en suis pas sûr du tout. M. Besson sera évêque, mais après la mort du card[inal] Mathieu, le sera-t-il à Nîmes? Je ne le pense pas ou plutôt peut-être le mettra-t-on à la place de celui qui sera nommé au siège de Besançon.
Je suis un peu fatigué, je m’arrête. Mille tendresses à votre troupeau et à la mère du troupeau.

