DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 200

Loin des hommes, plus près de Dieu et de la Sainte Vierge – Le Frère Polycarpe : le plus précieux que l’on puisse trouver – Le Fr. Simon – J’ai fait de la peine aux chanoines en proposant la paix…

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DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 200
Cop.ms. de la destin. ACR, AO 16; D’A., T.D.39, n.55, pp.229-230. Les points de suspension sont dans la copie.

Les Châteaux, 15 août 1875.
15 aug 1875
Les Châteaux

Ma bien chère enfant,

Je vous ai écrit, il y a plusieurs jours déjà. N’avez-vous pas reçu ma lettre? Je me trouve si bien ici que, pour un rien, j’y resterais jusqu’à la fin de mes jours. On a le silence, on est loin des hommes, plus près de Dieu et de la Sainte Vierge. Le Fr. Polycarpe est le plus précieux Frère convers qu’on puisse trouver, je fais un vrai sacrifice en ne le prenant pas avec moi. Il est bon à tout: parfait cuisinier, maçon, charpentier, menuisier, constructeur de chemins, éducateur de vaches; il est d’une propreté extrême, d’un caractère ravissant. Et le Fr. Simon? Hier Frère Simon avait reçu de la montagne une bouteille de crême; il l’attacha à une ficelle et la mit dans la citerne. La ficelle glissa et la bouteille alla au fond. Ne voulait-il pas descendre avec une corde pour puiser la bouteille, au risque de se noyer? Et tout cela par amitié pour moi.

Il paraît que j’ai fait de la peine aux chanoines en leur proposant la paix. Ainsi soit-il…

Je ne sais absolument rien de ce que je ferai et il m’est impossible de le savoir. Voilà pourquoi je ne vous le dis pas.

Tout à vous, ma bien chère enfant, avec un coeur de vrai père.