Cher ami,
Je télégraphie au P. Raphaël d’emprunter sur hypothèques(1). Peut-être nous arrangerons-nous pour la maison de Nîmes, mais qu’il faut prier! Que je vous plains, pauvre ami, et qu’il nous faut la vertu de force!
Je vous arriverai lundi, mais n’en parlez pas trop. Si vous saviez comme j’ai peu envie de voir d’autres gens que ma communauté et comme je m’y enfonce tous les jours davantage! Ne pensez pas aux projets pour ici, tant qu’on ne nous donnera pas l’argent nécessaire. Prions, prions. Je comprends Picard(2). J’ai offert Montmau à des gens qui le refusent à un prix ridicule. Faites toutes les opérations que vous croirez convenables, toutes, entendez bien. Quant aux nouveaux, ne vous tracassez pas. Cela reprendra; Dieu sera là. Je prie et fais prier. Prions, prions beaucoup nous-mêmes.
Totus tibi.
E.D’ALZON.
Je vous enverrai la date précise de mon arrivée, mais n’en dites rien. S’il y a q[uel] q[ue] chose pressée, écrivez à l’évêché de Grenoble.

