Cher ami,
Tenez-moi au courant de tout; mais il est évident que le pays où vous êtes a des côtés douloureux. Prions beaucoup, ne vous inquiétez plus de rien. Je vais de misère en misère, mais je suis résolu à me convertir. Voilà l’important.
Soyez, je vous en prie, un peu plus ferme envers les mauvaises têtes un peu folles que l’on trouve chez les Oblates. Vous avez une bonne occasion de les mater. Profitez-en, en leur montrant les conséquences de certains bavardages. Je crains que vous n’ayez été trop bon pour elles, et les jours deviennent mauvais. Nous allons passer par une crise qui est déjà commencée. Dieu punira les méchants, mais que feront les bons? Hélas! où en trouver?
Le P. Athanase m’écrit des gémissements sur votre confiance à la Providence. Ah! si nous étions des saints! Il importe que vous ayez la responsabilité financière; c’est à vous que j’enverrai tout ce que je pourrai. Tâchez de venir à Rome en mai.
M. de Chaudordy, avant de quitter Constantinople, vous a très chaudement recommandé(1). S’il va à Paris, je lui ferai parler encore. Acheter en ce moment ne serait-ce pas imprudent? Quand cette lettre vous arrivera, Père Ivan sera prêtre, mais pourrons-nous l’envoyer de suite?
Adieu, cher fils. Courage! Il me semble que le résultat de la crise orientale sera le triomphe de l’Eglise catholique en Russie. Addio.

