Mon cher ami,
Si vous êtes encore à Lille ou à Arras, permettez-moi de vous charger d’une commission confidentielle. Il s’agit de l’abbé Fuzet(1). On m’a assuré que, pendant son dernier séjour à Nîmes, il allait au spectacle, il se vantait de ne pas dire la messe à quelqu’un qui lui avait préparé son déjeûner du matin, et, consulté par quelqu’un sur le vote pour le député, il avait dit: « Votez pour le rouge. Si Gambetta arrive, je suis évêque avant trois mois ». Il faudrait confier cela à l’évêque d’Arras(2) en lui offrant mes hommages, mais en le priant de ne se servir de ce renseignement que pour faire surveiller l’abbé Fuzet. J’ai les plus graves motifs de croire à la vérité du rapport, mais je n’en ai pas la certitude matérielle.
Je félicite les alumnistes de Clairmarais de tous leurs bonheurs(3), nous n’en sommes pas là. Si vous avez le temps, donnez-moi votre impression sur le Congrès(4). Adieu. Totus tibi in Christo.

