DERAEDT, Lettres, vol.12 p. 432

Poursuivez – Toujours pas d’audience – L’évêque « voudrait bien s’en aller » – Un déjeuner à préparer.

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DERAEDT, Lettres, vol.12 p. 432
Orig.ms. ACR, AI 378; D’A., T.D. 31, n. 376, p. 311.

Rome, 10 avril [18]78.
10 apr 1878
Rome

Cher ami,

Dépêchez-vous de poursuivre, vous avez le plus grand tort de ne l’avoir pas fait déjà(1).

Décidément, je pars le Jeudi-Saint, le secrétaire de Franchi se moque de moi. Je partirai sans avoir vu le Pape, si l’on ne me donne pas d’audience avant ce jour-là. Sacconi et Mercurelli veulent que je voie Franchi avant le Pape. Impossible de le trouver.

Dites en secret à Barnouin et à Clastron que l’évêque a demandé ou que ses amis ont demandé pour lui l’archevêché de Rennes. Falloux(2) a pris la peine de venir me le dire hier soir et Mlle Veuillot me l’écrit de Paris. Cet homme sera mal partout, il lui faut un canonicat de Saint-Denys. Pour le quart d’heure, il n’aura rien, mais il est certain qu’il dit: « Je voudrais bien m’en aller ».

Rien de nouveau, sauf des choses très curieuses que je ne puis écrire, mais que je vous dirai. Ecoutez bien: en arrivant j’irai voir l’évêque. Le jour de Pâques, faites-moi déjeuner avec Barnouin, Baragnon, P. Laurent et un sixième, à votre choix. Le soir, j’irai chez l’évêque.

Adieu. Totus tibi. N’oubliez pas les 100 francs dont j’ai besoin.

E.D’ALZON.

Ne parlez plus du vin, le Pape préfère du Bordeaux(3).

1. Le *Petit méridional* de Montpellier a inventé de toutes pièces une histoire de révolte au collège de l’Assomption (*Marseillaise*, séquestration, défis lancés aux professeurs, bref une belle histoire où la faconde méridionale s’en donne à coeur joie), le *Midi* de Nîmes a renchéri et voilà que des journaux nationaux comme le *Temps* reprennent l’histoire à leur compte. Parents d’élèves et amis de l’Assomption s’inquiètent ou compatissent. Il faut rétablir la vérité, mais faut-il aller jusqu’aux poursuites judiciaires? (E. Bailly 7, 9, 11 et 13 avril). 2. Frédéric de Falloux du Coudray (1807-1885) est cardinal depuis l’année précédente. 3. Au muscat de Sérignan (*Lettre* 6262).