Monsieur,
Les journaux révolutionnaires se sont plu à répéter (et d’autres s’y sont laissés prendre) que le Pape était souffrant, à moitié paralysé, et tout le reste. Je reçois à l’instant de Rome deux lettres. L’une, du premier camérier secret du Pape, Mgr Van den Branden; il me dit: « Je m’empresse de vous rassurer sur l’état de santé du Pape. Elle est excellente; nous en avons encore eu la preuve hier. Sa Sainteté a sacré elle-même le cardinal Borromeo(1) et ne s’est pas ressentie du tout de cette longue cérémonie ».
La seconde lettre est d’une des personnes admises à l’audience, dont il va être parlé.
« Lundi matin, à 11 h. in punto, Sa Sainteté daigna recevoir en audience particulière les généraux d’Ordre et les procureurs généraux des Congrégations religieuses étrangères. Dunque ci sono stante anche io(2). Or, cette audience a duré une heure bien sonnée. Le Saint-Père, après avoir écouté la belle adresse du général des Observantins(3), parla debout pendant vingt-cinq minutes environ, avec force et éloquence, relevant et accentuant sa parole par de grands gestes tant du bras gauche que du bras droit.
(N-B). « Quand il eut fini, le Saint-Père daigna recevoir à l’obédience chaque supérieur et procureur, parlant à chacun quelques minutes. Enfin, Léon XIII se retira, marchant comme un homme plein de vigueur ».
Quant au bruit de l’interruption des relations entre le Vatican et Berlin, j’ai la preuve incontestable que ces relations continuent.
Veuillez…

