Mon cher ami,
Nous n’aurons pas de minorés ici. Monseigneur trouve qu’à cause du mauvais temps la cérémonie serait trop longue. E sempre bene. Voilà! Le temps se remet au beau. Je n’en suis pas fâché, mais vous voyez les habitudes d’un homme qui, l’autre jour, à la fontaine, défaisait ses culottes pour remonter ses caleçons, en pleine allée, et qui, un dimanche, après sa messe, faisait à peu près la même opération sur les marches de l’autel, et qui, après avoir annoncé qu’il ferait l’oraison funèbre du duc d’Uzès(1), prenait la veille, à 9 h. 1/2 du soir, une médecine pour pouvoir le lendemain ne pas sortir et se dire malade.
Nous avons, à la chapelle du collège, un excellent prédicateur, le P. Jourdan, de Draguignan. Hier, (y compris un pensionnat, c’était jeudi), il y avait 150 auditeurs comptés par le P. Emmanuel. Où sont les auditoires de la cathédrale?
On se met à refuser les postes, et un succursaliste a écrit à M. Clastron qui lui offrait un poste d’avancement: « Je refuse, parce que le meilleur moyen d’être bien placé, c’est d’être difficile ». L’abbé Etienne, de Valabrègue (2), vient de refuser Saint-Jean-du-Gard, un canton, déclarant qu’il n’accepterait qu’une cure avec deux vicaires. Que va devenir l’esprit ecclésiastique?
Mais j’en dis trop. Bonjour.

