Bien cher ami,
Je reçois votre lettre du 8 courant. Il me tarde bien d’avoir le mémoire que vous m’annoncez(1). Avez-vous reçu l’encyclique du Pape? Elle produit partout un grand effet. Il semble que Dieu veut montrer dans le bouleversement actuel que la lumière s’est réfugiée dans l’Eglise; mais Notre-Seigneur a dit : Dilexerunt homines magis tenebras quam lucem; erant enim opera eorum mala(2). Voilà où en est le monde. Raison de plus que nos oeuvres soient très bonnes.
La politique en France va à la diable. Quant à nous, nous ne risquons peut-être pas autant que plusieurs le disent. Les républicains se disputent à se manger entre eux. Cela peut durer, et puis ils s’affaiblissent. Ce que je redoute le plus, c’est l’Allemagne qui nous a précipités dans ce beau jeu. Bismarck a un plan(3); nous, nous allons à l’heure l’heure.
Je vous laisse. On me dérange, et je veux que ma lettre parte. Totus tibi.

