Cher ami,
Voici la fin de mon article sur la jeunesse(1). Vous faut-il autre chose? J’ai une idée sur la vie de la France, mais cela viendra plus tard. Quelqu’un à Paris ne peut-il rien faire sur les décrets? Il faut y revenir. Pourrez-vous imprimer le mémoire de Rousse(2)? On dit qu’il y en aura un semi-secret. Soignez le P. Picard. N’y a-t-il parmi vos jeunes gens aucun qui ait le feu sacré, excepté en bonnes intentions?
Mon article sur la jeunesse est capital à mes yeux. Je ne suis pas pressé qu’il paraisse, s’il doit retarder la publication de la Revue. Avant tout, publiez ce qui intéresse au jour le jour. N’auriez-vous pas quelque gros article à prendre à partie dans une revue libre-penseuse? Je ne sais pourquoi je voudrais peloter quelqu’un. Enfin je vous donnerai ce que je pourrai. Heureux les gens qui ont le temps de lire les articles sur la musique(3)!
Trouvez-vous que l’esprit chrétien monte ou baisse? Je trouve qu’il monte ici. Les succès de Baragnon et de Depeyre(4) me semblent merveilleux comme symptômes. Je prépare une grande étude sur les concordats, mais ce sera pour l’heure où la lutte s’engagera définitivement sur la suppression par la France des relations diplomatiques avec Rome. Peut-être faudrait-il consulter le nonce sur la question de savoir si, tout en se tenant prêt, il ne désire pas indiquer le moment d’ouvrir le feu contre les destructeurs du concordat?
Adieu. Votre frère fait bien et se porte assez bien. Totus tibi.

