Cher ami,
Avez-vous fait jeter à la poste votre lettre au P. Pierre et celle à moi, à la même heure? Je reçois la mienne, à vingt-quatre heures de différence.
J’ai bien réfléchi. Le mieux est que l’on rentre à Nîmes au plus tôt(1), vous surtout, comme propriétaire ayant payé les droits de l’immeuble. On pourra faire venir M. Durand. M. Cazot(2) devait faire un discours à notre Conseil général sur les décrets; il n’a rien dit. Je crois qu’on est embarrassé. Du reste, à Nîmes, évidemment l’effet serait funeste. Je ne sais pourquoi j’ai confiance. Nous en serons, à la dernière extrémité, pour poser le camail et la ceinture; voilà tout. On trouvera des amis pour abriter quelques jours nos enfants. Mais ils ne sont pas allés chez les Récollets, ils ne viendront pas chez nous.
Le P. Laurent est converti, il dit merci. Les novices arriveront à 5 heures. Mais vous, les aurez-vous quand vous lirez ces lignes? Consolez le P. Théodore de ne pouvoir dire sa messe à Cette. Fr. Norbert est arrivé. Je prie de loin, mais de tout mon coeur.
Totus tibi in Ch[rist]o.

