Vailhé, LETTRES, vol.3, p.390

Le préfet est favorable au plein Exercice. -Quinzième anniversaire de son départ pour Rome; où sera-t-il dans quinze ans?

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Vailhé, LETTRES, vol.3, p.390

le 20 novembre 1848.
20 nov 1848
Nîmes,

Je n’ai que le temps de vous dire un mot, ma chère fille, et je prends cet immense papier parce que l’autre est absent. J’ai vu le préfet. Il a été fort aimable, il m’a assuré qu’il partageait mes idées, qu’il écrirait favorablement. Une heure après, il m’a envoyé une invitation à dîner. Il me semble qu’il n’aurait pis fait cette politesse à quelqu’un qu’il voudrait desservir. Quoi qu’il en soit, j’ai parlé à plusieurs personnes, soit représentants, soit gens influents dans le pays; je serai chaudement soutenu. M. Roux-Carbonnel, dont Freslon a été l’avocat à Angers, va lui écrire(2). Chapot arrive ce soir; je le presserai d’agir. Demians est plus froid, parce qu’il se jette vers les protestants. Il paraît que Buchez connaît notre préfet; il m’a dit (le préfet) en attendre une lettre. Deux mots seulement le disposeraient à merveille, s’il ne l’était pas.

Je vais, au milieu de tout cela, faire une retraite de deux jours, pour prier la Sainte Vierge de me présenter à Dieu. Je m’enferme ce soir dans notre nouveau logis. Il y a aujourd’hui juste quinze ans que je partis de Marseille pour Rome. Dieu veuille que cette seconde marche vers lui soit plus rapide que la première! Où serai-je dans quinze ans?

Adieu. Je prierai bien pour vous.

1. D’après une copie. Voir *Notes et Documents*, t. IV, p. 326 sq., 424. 2. Freslon était ministre de l’Instruction publique depuis le mois d’octobre, Roux-Carbonnel député catholique du Gard.