Mon cher ami,
En attendant Veuillot, qui va déjeuner avec moi chez Bonnetty, je vous écris deux mots. Rocher est à peu près sûr d’être nommé. Je viens de causer de lui avec le ministre; il m’a promis de faire quelque chose pour lui; il m’a demandé une note. Déjà M. de Surville a obtenu une quasi-promesse de Jourdain. Ce sera, je crois, une affaire à peu près conclue. Mais j’ai bien autre chose à vous dire que je réserve pour le retour; préparez vos oreilles.
Je pars demain matin et cette lettre ne me précédera que de vingt-quatre heures(2). Dites à l’abbé Brun que je le remercie de ce qu’il a fait pour M. Gourmain. Quant à la fête de la division, je pense les mener par train de plaisir à Marseille ou à Alais. Qu’en pensez-vous? C’est moi qui payerai le tout, bien entendu. N’en causez qu’avec l’abbé Brun. Je ne vous parle pas d’autre chose, parce que j’ai des choses inouïes à vous apprendre(3).
Veuillot entre. Je vous laisse. Adieu

