Ma chère fille,
Je voudrais vous écrire longuement et je crois ne le pouvoir réellement pas. J’ai lu avec bien du bonheur vos deux lettres de retraite[2];je voulais vous les renvoyer, puis, à moins que vous en ayez besoin, je préfère les garder. Mais il me semble que nous nous rencontrons enfin dans une identité de dispositions: adorer, obéir, s’anéantir. Je garde ces trois mots comme notre reconnaissance, cette année. J’accepte surtout l’anéantissement; du moins il me le semble. Tenez-vous-en là, et moi aussi.
Adieu, ma fille.
Je dis à Notre-Seigneur pour vous tout ce que je ne vous dis pas. Je ne crois pas avoir besoin tout de suite de l’Oblate, mais sous peu ce sera différent. Adieu et tout vôtre. Donnez-moi des détails sur l’Oblate[3].

