Touveneraud, LETTRES, Tome 2, p.30

Il ne vaut pas les quatre fers d’un chien. -Réponses diverses. -Ses paroles lui font plus de bien que les remèdes.

Chère et aimable fille,

Votre père ne vaut pas aujourd’hui les quatre fers d’un chien. Toutefois je tiens à vous dire:

1° Que je n’en suis pas fâché, au contraire.

2° Que je vais faire une neuvaine à sainte Eulalie de Barcelone, dont la tête a été découverte de la manière la plus authentique à Montpellier, ou elle était cachée depuis [17]89(2).

3° Que mes affaires semblent prendre bonne tournure. M. Berthomieu tient pour l’existence de la maison de Nîmes.

4° Que j’avais approuvé le changement de Soeur Saint-Marc(3), mais que j’étais opposé formellement à l’addition d’une religieuse.

5° Que si vous voulez Mme Baragnon pour religieuse, vous l’aurez; mais n’en parlez pas. Vous la connaissez. Répondez oui ou non. Je n’écris pas à Juliette, je la crois partie. Veuillez faire dire à Soeur M.-Marguerite que, dès que j’ai reçu sa lettre, j’ai dit la messe pour le repos de l’âme de sa mère. J’attends mon médecin pour arranger certaines choses. Nous nous sommes manqués depuis quelques jours.

Adieu, ma fille. Croyez que vos bonnes paroles me font plus de bien que les remèdes et que, si je ne le vous montre pas, c’est plutôt l’effet de l’affaissement, qui retient les paroles au bout de la plume, qu’indifférence à une aussi bonne affection que la vôtre. Mais il me semble que vous savez tout cela.

E. D’ALZON

Je suis au mieux avec la Mère Bernard(4). Elle me montre des confidences qui sont un peu mystiques. Je ne saurais jamais écrire de ce style.