Ma chère fille,
A peine avais-je porté ma lettre pour vous à la poste que m’est arrivée celle où vous m’envoyez la copie de votre lettre à l’évêque; elle est parfaite et je suis sûr d’une réponse favorable. M. Lacordaire a, je crois, acheté Montaulieu(1); au moins le bruit en court. Je partage votre idée: vendre à 450.000 francs, mais non pas à une famille. Il faut attendre un peu. M. Boucarut m’a de lui-même donné le même conseil, quand je ne trouverais que 400.000 francs(2).
Mon médecin, que j’ai vu ce soir, voudrait que je fisse deux saisons à Lamalou. Cela me contrarie un peu.
900 francs, c’est trop; 800 francs, voilà le prix raisonnable pour votre pension(3). Votre opinion sur Soeur M.-Walburge est plus sévère que la mienne; mais, je l’avoue, elle n’attire pas. Voici la lettre de Mgr Nanquette(4). Mon médecin me menace de tomber dans un triste état, si je ne prends pas un très long repos. Ce n’est que du repos qu’il me faut, mais du repos.
Adieu, ma fille. Tout vôtre en Notre-Seigneur.
E. D’ALZON
Devenez-vous humble? J’ai cru remarquer chez ma chère fille une petite pointe d’orgueil qui ne me va pas. Je dirai assez souvent la messe pour vous ou plutôt pour nous ces jours-ci.

